Comment améliorer l’insonorisation d’une maison mitoyenne ?

Entendre les conversations des voisins, la télévision, les pas dans l'escalier ou les portes qui claquent peut rapidement devenir une source d'inconfort au quotidien.

Photo d'une ruelle

Heureusement, plusieurs solutions permettent d'améliorer l'isolation phonique d'une maison mitoyenne. Mais tous les bruits ne se traitent pas de la même manière, et certaines limites techniques doivent être connues avant de se lancer.

Quels travaux envisager ? Quels matériaux choisir ? Jusqu'où peut-on réellement réduire les nuisances sonores ?

Photo sur la thématique de l'isolation de sa maison

Pourquoi entend-on ses voisins ?

 

Deux maisons mitoyennes partagent au minimum un mur. Mais le bruit ne passe pas uniquement par cette séparation.

Les conversations, la télévision ou la musique correspondent aux bruits aériens. Ils se propagent dans l'air avant de traverser les parois.

 

Les pas, les déplacements de meubles ou les portes qui claquent produisent quant à eux des bruits d'impact, qui génèrent des vibrations dans la structure du bâtiment.


 

Enfin, certains sons empruntent des chemins plus discrets. Ils peuvent circuler par les planchers, les plafonds, les murs de refend (mur porteur situé à l'intérieur d'un bâtiment), les poutres ou encore les gaines techniques. On parle alors de transmissions latérales.

 

 

Avant toute intervention, un artisan cherche donc à identifier le parcours du bruit. Le mur mitoyen n'étant souvent pas le seul responsable.

Schéma d'isolation d'un mur mitoyen

Isoler phoniquement un mur mitoyen

Le doublage sur ossature désolidarisée 

Pour améliorer l'isolation acoustique d'un mur mitoyen, le principe consiste généralement à créer une nouvelle paroi devant le mur existant. L'objectif est de limiter la transmission des sons en combinant masse, espace et matériau absorbant. C'est le principe dit « masse-ressort-masse » : le mur existant constitue une première masse, une lame d'air associée à un isolant joue le rôle de « ressort », et la nouvelle paroi forme une seconde masse. Les vibrations sonores sont ainsi atténuées avant d'atteindre la pièce.
 

 

Le principe consiste à réaliser une structure métallique est fixée au sol et au plafond, sans toucher directement le mur mitoyen. L'espace ainsi créé accueille un isolant, comme de la laine de roche ou de la fibre de bois, avant d'être fermé par des plaques de plâtre phoniques. La désolidarisation de la nouvelle paroi limite la transmission des vibrations et peut améliorer les performances acoustiques de 10 à 20 dB.

 

Si les nuisances sonores sont importantes, le doublage sur ossature peut être renforcé, au prix de quelques centimètres supplémentaires. Il est notamment possible d’augmenter la lame d’air entre le mur et la contre-cloison ou d'ajouter des plaques de plâtre (jusqu'à deux maximum).
Des membranes acoustiques peuvent même être ajoutées entre deux plaques afin d'améliorer encore les performances.

 

 

Le principal inconvénient : vous perdez entre 7 et 15 cm de profondeur par mur traité.

Si l’espace vient à manquer, une autre technique peut être envisagée.

Le doublage collé acoustique


Le principe consiste à coller directement sur le mur mitoyen des panneaux composites associant isolant et plaque de plâtre. Cette solution est plus simple et plus rapide à mettre en œuvre, et réduit moins la surface de la pièce (4 à 8 cm d’épaisseur). En revanche, elle est moins performante qu'une contre-cloison désolidarisée. Elle peut être envisagée lorsque l'espace disponible est très limité ou lorsque les nuisances sonores restent modérées.
 

Le choix de la solution dépend donc du niveau d'isolation recherché et de l'espace que l'on accepte de perdre dans la pièce.

Photo de matériaux isolants

Quels matériaux offrent les meilleures performances ?

 

Tous les isolants ne réagissent pas de la même manière face au bruit.

La laine de roche constitue l'une des références en isolation acoustique. Sa forte densité lui permet d'absorber efficacement les sons tout en offrant de bonnes performances thermiques.

La laine de verre présente également de bons résultats et reste très utilisée dans les logements.

Les isolants en fibre ou laine de bois apportent eux aussi un confort acoustique performant, tout en répondant à une démarche biosourcée.

 

 

 

Les plaques de plâtre jouent également un rôle essentiel. Les plaques dites "phoniques", plus denses que les plaques standards, améliorent sensiblement l'affaiblissement acoustique.

 

 

Le résultat final dépend toutefois davantage du choix et de la qualité de la mise en œuvre de la solution plus que des matériaux pris isolément.

Photo d'un artisan qui pose des isolants

Traiter les autres points faibles de l'isolation acoustique

 

 

Traiter uniquement le mur mitoyen ne suffit pas toujours. Le bruit peut également passer par les fenêtres, les portes, les planchers, les plafonds ou les coffres de volets roulants.

 

Les fenêtres anciennes peuvent être remplacées par des menuiseries équipées d'un vitrage acoustique, tandis que des joints périphériques et des seuils adaptés permettent de limiter les passages d'air (et donc le bruit) au niveau des portes. Les coffres de volets roulants peuvent également être renforcés avec une isolation adaptée.
 

 

Lorsque les nuisances viennent de l'étage, un faux plafond acoustique, avec isolant et plaques de plâtre sur une ossature désolidarisée (plafond suspendu), peut limiter la transmission des bruits aériens. Pour les bruits d'impact provenant du plancher, une sous-couche acoustique sous le revêtement de sol peut améliorer le confort.

 


Enfin, les prises électriques, gaines techniques et autres traversées de parois peuvent constituer des points faibles. Leur traitement peut être nécessaire pour éviter que le son ne contourne l'isolation.

 

L'objectif est donc d'identifier les principaux chemins empruntés par le bruit et de traiter en priorité les points faibles, plutôt que d'isoler systématiquement toutes les surfaces.

Illustration d'une maison isolée

Peut-on supprimer totalement les bruits ?

La réponse est généralement non.

Une isolation phonique bien conçue permet souvent de diminuer fortement les nuisances, mais rarement de les faire disparaître complètement.

 

Certaines maisons anciennes possèdent des planchers communs, des poutres traversantes ou une charpente commune aux deux logements. Ces éléments transmettent naturellement les vibrations.

Même avec une excellente isolation du mur mitoyen, une partie du bruit continuera parfois à circuler par la structure.

 

Obtenir un silence absolu nécessiterait alors des travaux très lourds, consistant à désolidariser certains éléments porteurs, une solution rarement envisageable en rénovation.

L'objectif est donc d'améliorer significativement le confort acoustique, plutôt que de rechercher une insonorisation totale.

Photo d'une pose d'isolation d'une maison

5 idées reçues sur l'isolation phonique

 

« Il suffit de coller un isolant sur le mur. »

Malheureusement, ce n'est généralement pas suffisant pour réduire efficacement les nuisances sonores. En isolation acoustique, les performances reposent sur un ensemble de solutions : une ossature désolidarisée du mur existant, un isolant adapté, des plaques de plâtre phoniques et un traitement soigné des jonctions. C'est la combinaison de ces éléments qui permet de limiter au mieux la transmission des bruits. 

 

 

« Les mousses acoustiques empêchent les bruits de passer. »

Les mousses alvéolées que l'on voit dans les studios d'enregistrement réduisent la réverbération à l'intérieur d'une pièce. En revanche, elles n'empêchent quasiment pas les bruits de traverser un mur.

 

 

« Un double vitrage règle les problèmes de bruits venant de l’extérieur. »

Un double vitrage classique améliore déjà le confort, mais il n'est pas conçu spécifiquement pour l'isolation acoustique. En bord de route ou en milieu urbain, un vitrage acoustique, associé à une menuiserie performante et correctement posée, sera souvent plus efficace.

 

 

« Plus l'isolant est épais, meilleure sera l'isolation phonique. »

L'épaisseur joue un rôle, mais elle ne fait pas tout. La densité des matériaux, la désolidarisation des parois, la qualité de la mise en œuvre et le traitement des ponts acoustiques sont tout aussi importants.

 

 

« Il suffit d'isoler le mur mitoyen. »

Pas toujours. Le bruit peut aussi se transmettre par les planchers, les plafonds, les murs perpendiculaires ou les gaines techniques. Un diagnostic préalable permet d'identifier les principaux chemins empruntés par le son et de choisir les travaux les plus efficaces.

Photo d'un artisan en train de diagnostiquer

Un diagnostic avant de commencer

Chaque maison possède ses propres caractéristiques.

 

L'épaisseur des murs, la nature des planchers, la présence d'un vide sanitaire, d'une cave ou d'une charpente commune sont autant de points à prendre en considération avant de déterminer les solutions à mettre en œuvre.

 

 

Avant de proposer des travaux, un professionnel analyse donc l'origine des nuisances, identifie les ponts acoustiques et recherche le meilleur compromis entre performances, perte de surface et budget.

Cette étape évite d'investir dans des travaux qui ne traiteraient pas réellement la source du problème.

 

Faites appel à un artisan plaquiste du réseau Artisans Artipôle autour de chez vous.