Retour à la liste des actualités

Arnaud Boissières : « J’ai imaginé tous les scénarios »

Arnaud Boissières

Communiqué de presse - Le 13 novembre 2020

Tout commence par un mail. A 4 heures ce vendredi matin, Arnaud a alerté son équipe technique : « Gros soucis d’énergie à bord. Ni charge moteur, ni hydrogénérateur. Le temps est devenu calme, je fais de la mécanique et je fais le tour des pièces moteur. C’est un gros problème. »
Le message est clair : La Mie Câline – Artisans Artipôle est à deux doigts de la coupure électrique et Arnaud craint de ne plus être en mesure de communiquer avec la terre d’une minute à l’autre. 
 
L’avarie vient du moteur qui démarre mais cale aussitôt. Alors qu’il navigue au contact d’Isabelle Joschke, Arnaud plonge la tête dans la mécanique et les mains dans le gazole. Après des heures de recherches, la solution survient : c’est le plongeur, ce tube immergé dans le carburant, qui a une fuite et aspire de l’air en plus du gazole. Bref, une casse que personne ne pouvait imaginer. Une fois le diagnostic posé, la solution est de transférer le gazole dans un bidon, transformé en réservoir de fortune. L’alternative est contraignante puisqu’il faut régulièrement transvaser le carburant mais permet au moteur de démarrer. « Je suis hyper soulagé. Et encore, je pense que soulagé n’est pas le bon mot, on peut parler d’euphorie » explique Arnaud qui remercie JC Caso, son directeur technique de l’avoir orienté vers cette improbable solution.
 
Cette nouvelle péripétie survient après cinq jours d’un Vendée Globe mouvementé. « C’est original comme début de Vendée Globe. Il m’arrive pas mal de trucs que je n’avais jamais eu. Il y a quatre ans, j’avais eu un gros problème au début mais après, c’était réglé. Là, c’est dans la longueur » s’amuse le skipper de La Mie Câline – Artisans Artipôle. Arnaud est déjà monté une fois dans le mât pour descendre son gennaker. Dans les prochains jours, il grimpera à nouveau dans le mât pour réparer. Avant cela, il frôlera la fameuse dépression tropicale Theta. Prudent, le marin a prévu de rester à bonne distance de cette tempête, quitte à rallonger un peu la route. 
 

Interview :

« Je suis hyper soulagé. Et encore, je pense que soulagé n’est pas le bon mot, on peut parler d’euphorie. J’ai passé 12 heures la tête dans le moteur. Le moteur démarrait mais calait aussitôt. Je n’avais presque plus d’électricité et j’ai imaginé tous les scénarios. J’ai fait tout le circuit sans penser que ça pouvait venir du réservoir. Il y a un tube qui plonge dans le réservoir et il a une microfissure qui pose des problèmes d’alimentation. C’est un truc auquel on ne pouvait pas penser. C’est JC Caso qui m’a dit de vérifier ça et je n’y croyais pas. J’ai vérifié pour lui faire plaisir et finalement, il a sauvé mon Vendée Globe. J’étais au contact avec Isabelle (Joschke) quand c’est arrivé. Je réparais mon moteur, avec du gazole partout et je la surveillais en même temps. Au bout d’un moment, je laissé tomber la course pour réparer et j’ai bien fait. Elle s’est un peu échappée mais je vais revenir. Maintenant, à bord ça sent la chaussette sale et le gazole. C’est sympa.
 
J’ai aussi eu beaucoup de chance que ça m’arrive dans une période de calme, entre le front et la tempête tropicale Théta. C’est original comme début de Vendée Globe. Il m’arrive pas mal de trucs que je n’avais jamais eu. Il y a quatre ans, j’avais eu un gros problème au début mais après, c’était réglé. Là, c’est dans la longueur. Même si cette place ne me convient pas, je suis assez content de la manière dont j’ai navigué jusque-là. Ce problème de gennaker m’a coûté cher. J’ai dû m’y reprendre à 20 reprises pour tenter de le faire descendre. Je vais encore devoir monter, soit pour le changer, soit pour le réparer. »

Haut
de page